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Jubilé de la Vendée - Allocution de Mgr le Duc d'Anjou



Très Révérend Père,

Monsieur le Vice Président du Conseil départemental,

Messieurs les présidents d'associatiions, Chers Amis, Quel plaisir et quelle émotion d’être aujourd’hui en Vendée !

Quelle émotion de constater votre présence en nombre et votre accueil si chaleureux et enthousiaste ! Quelle émotion d’être ici, au Mont des Alouettes, parmi, vous tous, accompagné de ma famille. Quel symbole aussi d’être ainsi parmi vous !

La Vendée occupe une place très forte dans l’histoire de France. Elle est la région qui a défendu le plus ardemment la foi et le Roi à la fin du XVIIIème siècle, le payant au prix de milliers de victimes. S’il y a eu, dès 1790, d’autres soulèvements, celui de la Vendée, à partir de mars 1793, demeurera, pour toujours, le plus important et le plus connu et, celui qui, par son ampleur, les résume tous. Sur cette terre, ont été défendus par tout un peuple, uni et soudé, les principes qui, de tout temps, ont fait la France, sa grandeur et sa gloire : la foi en Dieu et la fidélité au roi, père naturel de toutes les familles. Saluons la Vendée, terre des valeurs défendues jusqu’au sacrifice ! Combien cela résonne encore de nos jours où notre société, trop souvent, semble manquer du nécessaire souci de se dépasser. Notre Pays a tant besoin du rappel des principes fondamentaux qui ont forgé la civilisation française.

Merci à toutes vos associations et groupements réunis pour cette journée de fête de contribuer à les rappeler. À l’occasion de la commémoration de la venue en 1823, en ces lieux, sur cette colline, de mon Auguste parente, la Duchesse d’Angoulême, quelle belle et grande idée d’avoir voulu célébrer ainsi, en quelque sorte, le jubilé de la Vendée. Je m’y suis associé dès que le projet m’a été soumis. Cela est pour moi l’occasion d’évoquer la mémoire d’un soulèvement et, plus encore, celle de ce que ce soulèvement représentait d’audace et de clairvoyance. Audace de prendre les armes quand rien ne vous y a préparé.

Clairvoyance vis-à-vis de la société nouvelle dont les Vendéens ont rapidement compris qu’elle ne serait pas celle du bien commun, mais celle des contraintes insupportables et inacceptables. Ainsi, en 1823, avec la Restauration, et le retour de la Famille Royale, la Vendée pouvait véritablement renaître.

Il y a exactement deux cents ans, le Roi Louis XVIII , mon aïeul, celui qui, en 1795, dès l’annonce connue de la mort du Roi Louis XVII, avait assumé, contre vents et marées, la permanence de la royauté française, demande à sa nièce, fille du Roi Martyr, de venir en Vendée. Geste fort et hautement symbolique, Madame Royale, Duchesse d’Angoulême, par sa personne, marque la continuité de la dynastie en montrant son attachement à la chère province meurtrie. La Princesse, ma Grand Tante, qui avait ressenti elle-même, dans sa chair et son âme, toute l’horreur de la Révolution, vient se recueillir sur le Mont des Alouettes et pose la première pierre de la Chapelle, qui désormais la couronne.


Il s’agissait à la fois de rendre hommage aux combattants de la grande épopée de l’Ouest ; tout autant que de montrer les liens que la Famille Royale entendait tisser de manière solennelle avec la Vendée. On peut imaginer aisément ce que cela représentait en 1823. Une génération après les évènements, survivants et témoins étaient nombreux. Pas une famille n’avait été épargnée par la barbarie et le feu des bourreaux Bleus. La présence royale montrait la hauteur du sacrifice consenti, du don absolu fait à Dieu et au Roi.

Commémorer la venue de Madame Royale et encore plus sa volonté de mettre à nouveau Dieu au cœur du pays meurtri, avec l’érection de cette chapelle du souvenir, est donc un acte de mémoire essentiel pour notre Pays. Quand les morts peuvent reposer en paix et sont honorés, les vivants peuvent assumer leurs devoirs et légitimement exercer leurs droits.

La Vendée l’a bien compris. Dès le sang séché, dès les derniers incendies éteints, dès les plaies pansées, elle s’est remise courageusement au travail et a montré que, si elle avait été la terre de grands exploits dans la guerre, elle pouvait l’être tout autant dans la paix. La Vendée s’est relevée, d’abord à travers ses paysans, qui ont redonné vie à leurs fermes ; puis avec les villes, où les artisans ont repris le travail. En quelques décennies, tout est reconstruit et la Vendée se trouve renouvelée et continue à être l’une des régions les plus dynamiques de France. Elle est en tête en matière économique et en matière d’emploi. En matière de tourisme, elle sait conjuguer la quantité pour son accueil et la qualité. Je suis heureux de pouvoir le redire aujourd’hui en adressant mes félicitations à ceux qui contribuent à ces réussites.

Le sacrifice peut ainsi être rédempteur. L’épreuve peut être source de progrès quand il s’agit de ne pas se conduire en assistés, mais en responsables. Les Vendéens ont manifesté cet esprit dans les cruelles années 1790 ; leurs descendants le font toujours.

Mais je voudrais ajouter deux idées plus personnelles. La première concerne les commémorations et leur portée symbolique. Commémorer n’était pas courant au temps de la Royauté. Le Te Deum marquant les victoires semblait suffisant. Une fois l’action passée, le Roi pensait à l’avenir. C’est avec l’évocation de la Vendée et plus largement celle de toutes les victimes de la Révolution, à commencer par le Roi et sa famille, que des commémorations expiatoires ont été organisées. Les actions, en effet, étaient si sacrilèges qu’il était nécessaire de s’en souvenir afin qu’elles ne se reproduisent plus. Pour maintenir cette mémoire, les chapelles comme celle-ci édifiée au Mont des Alouettes, ont été érigées. Elles doivent continuer à nous faire réfléchir au destin de notre société qui, comme elle a pu paraître le faire à partir de 1789, ne doit pas renier les fondements sur lesquels elle repose. Comme il y a deux siècles ce sont ceux du décalogue, ceux du droit naturel qui fixent d’heureuses bornes aux hommes qui auraient trop tendance à privilégier leur seul égoïsme. En ce sens les commémorations comme celle-ci ; sont loin d’être passéistes ; elles ont toute leur importance pour notre temps et le futur. Je voulais le rappeler ici, sous peine qu’à défaut, de telles commémorations ne soient plus toujours bien comprises.


Le second point personnel que je veux évoquer est un remerciement tout particulier à tous ceux qui ont contribué à la réussite de cette journée. J’ai pu revoir cette terre meurtrie de l’Ouest où j’étais venu déjà à plusieurs reprises avec toujours autant d’émotion. La Vendée permet de comprendre la grandeur d’une région qui a su tout donner pour conserver ses valeurs.

Merci à vous tous, de votre présence et que l’esprit de la Vendée continue à animer les Français pour affronter les combats du futur.



Louis, Duc d’Anjou


Retrouvez ici la rétrospective complète de cette journée : JUBILE DE LA VENDEE

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