Sites partenaires
ABONNEZ-VOUS
A LA LETTRE
DE LA LÉGITIMITÉ 
  • Grey Facebook Icon
Please reload

Posts Récents

Retour en image sur le messe de la Fondation de l’Hôtel des Invalides

October 30, 2019

1/8
Please reload

Posts à l'affiche

Madame Elisabeth, Princesse de France et Sainte de Dieu !

February 11, 2018

 

Ce 20 janvier 2018, lors de la messe de Requiem en souvenir de la mort de Louis XVI et de la Famille Royale à Saint-Denis, monsieur l’abbé Laurent nous annonçait, en présence de l’abbé Snoëk, à l’ambon, que la cause en béatification de Madame Elisabeth venait de faire une avancée significative. Le 23 décembre 1953, la cause en béatification est officiellement introduite par Son Eminence le cardinal-archevêque de Paris, Maurice Feltin. Elle est ainsi déclarée « Servante de Dieu ». La procédure n'ayant jamais vraiment démarré, Son Eminence le cardinal André Vingt-Trois procède à la réouverture de sa cause de béatification en 2016. C'est alors l’abbé Xavier Snoëk, curé de Sainte-Élisabeth de Hongrie, qui est nommé postulateur de la cause. En mai 2017, l'archidiocèse de Paris reconnait comme association privée de fidèles les acteurs de sa cause de béatification. Et le 15 novembre 2017, l’archevêque de Paris, Son Eminence le cardinal André Vingt-Trois, à la suite de l’avis de la Conférence des évêques de France et du nihil obstat de la Congrégation de la cause des saints, a décidé d’ouvrir, par décret, la cause en canonisation de Madame Élisabeth, sœur de Louis XVI.

 

A cette occasion, nous revenons sur la vie proprement sanctifiée par la Foi de cette Princesse française, Fille de France et sœur de notre Roi-Martyr Louis XVI.

 

Elisabeth Philippe Marie Hélène de France naît au Château de Versailles le jeudi 3 mai 1764, vers deux heures du matin, et est baptisée le jour même dans la Chapelle Royale par Son Excellence Monseigneur Charles-Antoine de La Roche-Aymon, archevêque de Reims, en présence de son grand-père, Sa Majesté le Roi Louis XV, de sa grand-mère, la Reine Marie et du reste de la Famille Royale. L’Abbé Jean-François Allart, curé de l'église Notre-Dame de Versailles, paroisse dans laquelle est situé le château, rédige l'acte de baptême qui occupe une demi-page du registre et fait signer ses "très hauts et très illustres" paroissiens.

 

Le Parrain de la Princesse est son cousin et oncle par alliance (il a épousé la Princesse Elisabeth de France, fille aînée de Louis XV), Philippe Ier, Infant d’Espagne, Duc de Parme, Plaisance et Guastalla, représenté par son frère aîné, le Prince Louis-Auguste de France, héritier présomptif de la Couronne, et sa Marraine est sa grand-tante, Elisabeth Farnèse, Princesse de Parme, Reine douairière d'Espagne, qui lui donne son prénom et est représentée par sa tante, la Princesse Marie-Adélaïde de France, quatrième fille de Louis XV.

 

Toute son enfance est marquée par une suite ininterrompue de deuils familiaux : son père, Monseigneur le Prince Louis Ferdinand de France, Dauphin de France, meurt de tuberculose à Fontainebleau le 20 décembre 1765, et sa mère, la Princesse Marie-Josèphe de Saxe, Dauphine de France, s’éteint à son tour, emportée par la même maladie, à Versailles le 13 mars 1767… Tous deux n'avaient que 36 ans… Son arrière-grand-père, Stanislas Leszczynski, Roi de Pologne détrôné placé à la tête du duché de Lorraine et du Barrois par son gendre le Roi Louis XV, meurt à Lunéville le 23 février 1766. La Lorraine et le Barrois deviennent alors français. Puis sa grand-mère, la Reine Marie, épouse de Louis XV, meurt à Versailles le 24 juin 1768. Enfin, le 10 mai 1774, son grand-père, Louis XV, s’éteint à Versailles et son grand-frère, le Prince Louis-Auguste de France, Dauphin de France, âgé seulement de 19 ans, succède à son grand-père sous le nom de Sa Majesté Très Chrétienne le Roi de France Louis XVI !

Dès sa plus tendre enfance, Madame Elisabeth fait montre d’un caractère bien affirmé, qui fait écrire à Madame d’Armaillé : « une petite sauvage… un caractère rebelle qui ne se laisse pas facilement apprivoiser ». Mais sa piété profonde et sa charité chrétienne charme tout son entourage. Eveillée à la Foi sous la direction spirituelle de son aumônier, l’abbé Bonniol de Montégut, et de son confesseur, l’abbé Madier et édifiée par l’exemple de sa tante, Madame Louise, Louise de France, huitième fille de Louis XV, qui entre au Carmel de Saint-Denis, « le plus pauvre carmel de France », sous le nom de sœur Thérèse de Saint-Augustin, en 1770, Madame Elisabeth aurait, selon sa nièce, Marie-Thérèse de France, Duchesse d’Angoulême, « fait à quinze ans un vœu privé et secret de perfection, un don complet de sa personne à Dieu », avec l’accord de son directeur spirituel, l’abbé Madier.

 

L'âge du mariage ou d'un établissement conforme à son rang approche pour Madame Élisabeth. En 1777, elle est pressentie pour épouser le frère de Marie-Antoinette, l’Empereur Joseph II d’Autriche, deux fois veuf, sans enfant, et de 23 ans son aîné… Elle obtient du Roi son frère de pouvoir rester à Versailles.

 

En mai 1778, la Princesse obtient l'autorisation d'avoir sa maison et des revenus en propre.

En décembre 1782, faute de prince à lui faire épouser, le Roi lui propose la charge de coadjutrice de la prestigieuse abbaye de Remiremont, en succession de leur tante, Christine de Saxe, qui venait d’y être inhumée, mais elle refuse de devenir abbesse, préférant rester à Versailles, auprès de sa famille.

 

En 1783, le Roi lui offre le domaine de Montreuil, acheté aux Rohan-Guéméné et situé dans le village de Montreuil, non loin du château de Versailles. À Montreuil, la Princesse agit en Bienfaitrice : elle fait venir de Suisse la promise de son vacher qui se morfondait et fait célébrer leur mariage en l'église Saint-Symphorien. C'est l'origine de la fameuse comptine « Pauvre Jacques ». Puis, favorable à la « Variolisation » qui permet de se prémunir contre la petite vérole, maladie contagieuse mortelle et fréquente, qui touche indifféremment toutes les couches de la population, elle fait appeler son médecin. Celui-ci, venant pour elle, est surpris de la trouver entourée de ses dames, mais aussi des paysans de ses terres qui peuvent ainsi bénéficier gracieusement des progrès de la médecine. On sait aussi qu’elle se prive, pendant cinq ans !, des étrennes que le Roi lui donne afin qu'une de ses dames pour accompagner, mademoiselle de Causans, puisse constituer la dot nécessaire à son mariage avec le marquis de Raigecourt, gentilhomme lorrain dont elle est éprise… Elle ouvre enfin un dispensaire où, secondant son professeur de botanique, son cher Docteur Lemonnier, elle l’aide à soigner gracieusement les malades du village et distribue lait, œufs et légumes produits par le domaine pour que les orphelins et pauvres du village ne manquent de rien… Le domaine de Montreuil est bientôt appelé « la ferme de charité » !

 

 

Le 3 mai 1789, « Madame Elisabeth » atteint l'âge de la majorité légale, mais ne profite guère de cette liberté : le lendemain, elle assiste, en l'église Saint-Louis de Versailles, à l'ouverture des États Généraux…

Le 4 juin suivant, son neveu, le Prince Louis Joseph de France, Dauphin de France, s'éteint à l'âge de 7 ans au château de Meudon. Le Roi, dévasté par cette disparition, demande à reculer la date de réception des députés pour se remettre un peu de son deuil, mais les députés lui opposent une fin de non-recevoir. Madame Elisabeth sent intuitivement qu’une immense catastrophe menace la Famille Royale et se rapproche de la Reine pour soutenir le Roi.

Et, en effet, le 6 octobre 1789, la Famille Royale est ramenée de force par le peuple à Paris.

A ce moment, elle aurait pu se retirer avec ses tantes au château de Bellevue, près de Meudon, mais elle choisit de partager, quel qu’en soit le prix, le sort de son frère. Elle dispose désormais d’un appartement au palais des Tuileries, à Paris.

 

Fidèle à Dieu et à la monarchie, elle s’oppose fermement à la constitution civile du clergé et à toute mesure qui diminue les prérogatives royales ou celles de l'Église.

Lorsque « Mesdames Tantes » quittent la France pour les Etats Pontificaux en février 1791, elles proposent à leur nièce de les accompagner. Une nouvelle fois, Madame Elisabeth choisit délibérément, car elle a compris alors la voie funeste sur laquelle la conduisaient les événements, de rester jusqu’au bout avec la Famille Royale. C’est alors que l’abbé Edgeworth de Firmont devient son confesseur et son nouveau directeur spirituel.

Le 20 juin 1791, elle suit son frère et sa belle-sœur dans le trajet qui devait les conduire vers les troupes de l’armée royale restées fidèles au Roi, à Montmédy, trajet hélas arrêté à Varennes…

Un an plus tard exactement, le 20 juin 1792, les révolutionnaires des 48 sections parisiennes forcent les portes du palais des Tuileries pour intimider Louis XVI et l’inciter à suspendre le veto qu’il a maintenu sur diverses mesures préconisées par l’assemblée (déportation des prêtres réfractaires et levée de 20.000 fédérés). Confondue avec la Reine, Madame Élisabeth fait face aux émeutiers déchaînés sans les détromper un seul instant sur son identité, prête à périr pour protéger la Reine...

 

Quand le Roi est suspendu par l’Assemblée législative, le 10 août 1792, et détrôné le 21 septembre suivant, l’Assemblée décrète que « Louis Capet, son épouse et leurs enfants (Louis Charles, Dauphin de France et Marie-Thérèse), ainsi qu’Élisabeth, seraient détenus jusqu’à nouvel ordre à la Prison du Temple ».

 

S’en remettant entièrement à Dieu pour elle-même, mais tremblant pour les siens en voyant le chemin de calvaire sur lequel ils avancent, elle change physiquement et devient méconnaissable. Une lettre de la marquise de Bombelles, informée par sa fille, Madame Alissan de Chazet qui communique en secret avec les prisonniers, relate ce qui suit :

 

« J’ai eu comme vous les mêmes informations sur notre malheureuse Princesse, sa maigreur est, dit-on, effrayante, mais la religion la soutient, et elle est l’ange consolateur de la Reine, de ses enfants ; espérons qu’elle ni les siens ne succomberont à tant de maux. Comment pourrait-on se plaindre en ayant l’imagination remplie du douloureux tableau des habitants du Temple ? »

Le 21 janvier 1793, Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XVI périt assassiné sur l’échafaud de la guillotine !

 

Début juillet 1793, pour parer à toute nouvelle tentative d’évasion, le jeune Roi Louis XVII, âgé de 8 ans, est séparé de sa mère et de sa tante. Puis la Reine Marie-Antoinette, sur décret de Bertrand Barère, rapporteur du Comité de salut public, est renvoyée devant le Tribunal révolutionnaire et internée à la Conciergerie le 1er août.

 

À l'hiver 1793, « Madame Elisabeth », qui ignore encore l'exécution de sa belle-sœur, partage sa cellule avec sa nièce de 15 ans, la Princesse Marie-Thérèse, sur laquelle elle veille depuis l’exécution de son père, le Roi Louis XVI et la séparation d’avec sa mère et son frère, le petit Louis XVII, nouveau Roi de France. Mais la folie révolutionnaire ne l’a pas oubliée…

 

La Convention a d’abord prévu qu’Élisabeth « Capet » serait expulsée de France. Mais des documents cités lors de l’instruction du procès de la Reine Marie-Antoinette, en octobre 1793, aboutissent à un décret de renvoi de la prisonnière devant le Tribunal révolutionnaire…

 

Pour un certain nombre de députés, dont Robespierre, Madame Élisabeth ne présente pas un grand risque pour l’avenir de la république, seulement, une guerre souterraine féroce se livre entre les membres des comités, qui pousse ces enragés à mener une répression de moins en moins sélective dans le choix de ses victimes.

 

À l’accusateur public, le sanguinaire Fouquier-Tinville, qui la traite de « sœur d’un tyran », elle réplique par son fameux : « Si mon frère eût été ce que vous dites, vous ne seriez pas là où vous êtes, ni moi, là où je suis ! »…

Le 10 mai 1794, après qu'on a procédé à sa « toilette funèbre », elle ne pense qu’à réconforter ses compagnes et compagnons d'infortune. Elle sauve même la vie de l'une d'entre elles, Madame de Sérilly, en la convaincant de révéler un possible début de grossesse. Un gardien, nommé Geoffroy, relatera que « tous, comme attirés par une force surnaturelle, venaient se grouper autour d'Élisabeth. À chacun elle dit un mot, une phrase, qui vient du plus profond de son cœur, assurant qu’ils sont bienheureux de quitter cette terre de douleur pour se retrouver auprès de Dieu !  ».

Elle est conduite en charrette à la place de la révolution, au milieu d’une « fournée » de vingt-cinq personnes. C'est à ce moment-là qu'elle apprend de ceux qui l’entourent le sort de Marie-Antoinette...

 

Avant son exécution, elle réclame les secours d'un prêtre, demande que le bourreau accorde toujours à sa victime qu’il sait vivre les ultimes instants de sa vie, mais que Fouquier-Tinville ose lui refuser en la tournant en dérision… Dieu lui pardonne…

Dernière ignominie d’Antoine Fouquier-Tinville, qu’elle sut transformer en ultime grâce, soutenant de sa présence et de sa Foi ardente ses protégés à l’instant du supplice, il la désigne pour monter la dernière sur l’échafaud, voulant lui infliger la vue effroyable du supplice de celles et ceux qu’elle n’avait cessé de réconforter.

 

Madame Élisabeth est morte en « odeur de sainteté » : Madame de Genlis rapporte qu’une odeur de rose se répandit sur la place après son exécution.

Son corps, tronqué et dénudé, est jeté dans l’une des fosses communes du cimetière des Errancis (aujourd’hui Parc Monceau), qui recevra les dépouilles de 1119 victimes de la révolution. Quand, par la Grâce de Dieu, les Bourbon reviennent en 1814, la dépouille de Madame Elisabeth ne peut être identifiée, malgré le témoignage d'un fossoyeur qui avait localisé la fosse commune. Et les ossements exhumés seront placés dans les Catacombes de Paris…

 

 

 

PRIÈRE DITE DE MADAME ELISABETH


Se résigner à ce que Dieu voudra pendant la journée

Que m’arrivera-t-il aujourd’hui, ô mon Dieu, je l’ignore. 

Tout ce que je sais, c’est qu’il ne m’arrivera rien que Vous ne l’ayez prévu de toute éternité.

Cela me suffit, mon Dieu, pour être tranquille.

J’adore Vos desseins éternels, je m’y soumets de tout mon cœur.

Je veux tout, j’accepte tout, je Vous fais un sacrifice de tout ;

J’unis ce sacrifice à celui de Votre cher Fils, mon Sauveur, 

Vous demandant, par son Sacré-Cœur et par Ses mérites infinis, la patience dans mes maux et la parfaite soumission qui Vous est due pour tout ce que Vous voudrez et permettrez. 

Ainsi soit-il !


 

 

 

 

 

Share on Facebook
Share on Twitter
Please reload

Retrouvez-nous