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Retour à Dieu de Sa Majesté le Roi Michel Ier de Roumanie

December 5, 2017

Ce 5 décembre 2017, s’est éteint dans sa résidence d’Aubonne, en Suisse, Sa Majesté le Roi Michel Ier de Roumanie.

 

Le 25 octobre 1921, la Princesse Hélène de Grèce, née Princesse de Grèce et de Danemark, épouse du Prince Carol (Charles) de Hohenzollern-Sigmaringen, Prince héritier du Trône de Roumanie, donne naissance au Prince Michel au château de Foisor, résidence royale de plaisance située dans la ville de Sinaia, dans la région centrale de Valachie, en Roumanie.

 

Le Roi de Roumanie est alors son grand-père, Ferdinand Ier, qui s’éteint le 20 juillet 1927. En toute logique, son fils aîné aurait dû lui succéder sous le nom de Carol II, mais le gouvernement roumain avait fait pression sur le vieux roi Ferdinand Ier pour que le Prince Carol renonce à ses droits au Trône en raison de sa vie dissolue, de ses dépenses extravagantes dans les casinos d’Europe et du scandale que provoque sa liaison extra-conjugale. Cette renonciation a lieu le 28 décembre 1925 et le Prince Carol quitte le pays.

 

C’est donc le Prince Michel qui succède, à cinq ans, à son grand-père, le 20 juillet 1927, sous le nom de Michel Ier de Roumanie. S’établit alors un Conseil de régence présidé par son oncle, le Prince Nicolas de Roumanie et par le Patriarche orthodoxe de Roumanie, Miron Cristea. Ce Conseil de régence laisse gouverner le Parlement, ce qui déplaît au mouvement antiparlementaire « carliste » qui soutient les droits du Prince Carol, père du Roi Michel Ier…

 

Le 10 février 1938, les « carlistes » mènent un coup d’Etat contre le Parlement et installent le Prince Carol sur le Trône sous le nom de Roi Carol II de Roumanie. Le nouveau régime, qui se dit de « Renaissance nationale », prive le Parlement de la plupart de ses pouvoirs et étend ceux du Roi à un quasi-autocratisme. Le décret royal prévaut désormais sur la loi. Le Roi Carol II pense ainsi pouvoir lutter contre l’extrême droite incarnée par la « Garde de Fer ».

 

Le 30 septembre 1938, sont signés les accords de Munich qui sont vécus comme une nouvelle trahison de l’Ouest, abandonnant les pays de l’Europe centrale à leur propre sort. En juin 1940, après l’effondrement de la France, principal soutien géopolitique de la Roumanie, le Roi Carol II tente un rapprochement avec les puissances de l’Axe. Le 5 septembre 1940, il nomme le général Ion Antonescu, surnommé le « conducator », que Carol II avait fait destituer de l’armée et, jusqu’alors, assigner à résidence dans un monastère des Carpates, au poste de Président du Conseil des ministres. Le lendemain de sa nomination, Ion Antonescu organise un coup d’Etat par lequel il force le Roi Carol II à abdiquer en faveur de son fils, qui redevient le Roi Michel Ier de Roumanie. Puis, Antonescu engage directement son pays dans la guerre aux côtés de l’Allemagne.

 

Le Roi a alors 18 ans, mais n’exerce aucun pouvoir. Il sert de paravent au régime d’Antonescu… Il arrive néanmoins à protéger les anciens dirigeants démocrates assignés à résidence, encourage en sous-main la résistance roumaine et va jusqu’à couvrir l’aviateur Bâzu Cantacuzène, qui exfiltre les pilotes alliés tombés en Roumanie…

 

Le 23 août 1944, Michel Ier organise un coup d’Etat et fait emprisonner Antonescu. L’Armée Rouge est déjà en Roumanie orientale. Pour arrêter son avancée, le Roi proclame la loyauté de la Roumanie vis-à-vis des Alliés, déclare la guerre à l’Allemagne et ouvre son pays à l’Armée Rouge désormais alliée. Mais Staline attend le 12 septembre, que l’Armée Rouge ait envahi toute la Roumanie, pour accorder l’armistice à un pays vaincu et non allié…

 

Le 6 mars 1945, un coup d’Etat communiste force Michel Ier à nommer un gouvernement prosoviétique.

 

Le 30 décembre 1947, les communistes obligent le Roi à abdiquer et à s’exiler.

 

Le 10 juin 1948, il épouse à Athènes, où son oncle, le Roi Paul Ier de Grèce l’a invité, la Princesse Anne de Bourbon, Princesse de Parme. 

 

 

Après que la « République populaire roumaine » l’a déchu de sa nationalité, il devient sujet Danois et s’installe au Royaume-Uni, puis en Suisse.

 

Le 26 mars 1949, naît, à Lausanne, le premier enfant du couple, la Princesse Margareta de Roumanie. Le 15 novembre 1950, naît la Princesse Elena de Roumanie. Suivront les Princesses Irina de Roumanie, en 1953, Sofia de Roumanie, en 1957 et Maria de Roumanie en 1964.

 

En décembre 1990, un an après la chute du couple de dictateurs communistes Ceausescu en décembre 1989, le Roi Michel Ier revient en Roumanie pour aller se recueillir sur la tombe de sa famille à Curtea de Arges. Mais le gouvernement post-communiste du Président Ion Illiescu craint la pression des étudiants et des démocrates, nombreux à voir dans la restauration monarchique le seul moyen de contrebalancer le pouvoir de la nomenklatura communiste toujours en place et dont il est un éminent représentant. Le Roi Michel Ier est reconduit sans ménagement et par la force, en pleine nuit, à la frontière. Le lendemain, ses partisans manifestent et sont malmenés et arrêtés, selon les pratiques, toujours en vigueur, de la police communiste…

 

En 1992, le Président Illiescu, croyant les choses apaisées, permet au Roi de revenir en Roumanie pour les célébrations de Pâques. Mais lorsque le gouvernement constate qu’à Bucarest, plus d’un million de personnes se rassemblent pour l’acclamer, il interdit immédiatement le Roi Michel de séjour pendant cinq ans…

 

En 1997, l’arrivée au pouvoir du Président Emil Constantinescu, de centre droit chrétien-démocrate, premier président non communiste de Roumanie, rend au Roi Michel et à sa famille la citoyenneté roumaine, ce qui leur permet d’aller et venir à leur guise en Roumanie. L’Etat roumain le considère désormais comme un ancien Chef d’Etat et lui rétrocède plusieurs anciennes résidences royales.

 

Ce début de retour en grâce de la famille royale en Roumanie rappelle au Roi son absence d’héritier mâle. Le 30 décembre 2007, il modifier la loi successorale à la Couronne roumaine, jusqu’alors basée sur la loi salique réglant la succession de mâle en mâle par les aînés, pour une loi successorale de primogéniture « avec préférence masculine », qui permettrait à sa fille aînée, la Princesse Margareta de Roumanie, de lui succéder au Trône en cas de restauration du Royaume… Elle reçoit alors les titres de « Princesse héritière de Roumanie » et de « Gardienne de la Couronne de Roumanie ». Le Roi Michel accorde aussi le titre de « Prince de Roumanie » avec prédicat d’ « Altesse Royale » à l’époux de cette dernière, Radu Duda.

 

La popularité du Roi s’accroît constamment et, lors de son 90ème anniversaire, le 25 octobre 2011, il est invité à prononcer un discours devant les deux Chambres réunies du Parlement, dont la retransmission à la télévision est suivie par des millions de Roumains.

 

 

En 2012, le Président du Sénat, Crin Antonescu, se prononce pour l’établissement d’une monarchie constitutionnelle.

 

Mais les royalistes n’ont que très peu d’impact sur la politique roumaine. Le Roi Michel vit avec son épouse entre les résidences qui lui ont été restituées en Roumanie et la ville d’Aubonne, en Suisse.

 

Le 29 octobre 2014, le Roi Michel déclare retirer à sa troisième fille, la Princesse Irina de Roumanie, suite à divers déboires judiciaires, ses titres et prédicats et la déchoit de l’ordre de succession au Trône de Roumanie.

 

Le 1er août 2015, le même anathème s’abat sur son petit-fils, le prince Nicolas de Roumanie, fils de sa seconde fille, la princesse Elena de Roumanie, suite à la naissance d’un enfant illégitime.

 

Le 1er mars 2016, il publie un communiqué dans lequel il annonce qu’il se retire de la vie publique.

 

Le 4 mars 2016, un communiqué du bureau de presse du Roi signale son hospitalisation dans un hôpital de Lausanne.

 

Le 1er août 2016, son épouse, la Reine-consort Anne de Roumanie s’éteint à Morges, en Suisse.

 

 

 

Il vient de la rejoindre, ce 5 décembre 2017, et la Roumanie, perdant son dernier Roi, a décrété trois jours de deuil national.

 

 

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